Vague de froid, communiqué n°5 du 15/01/2010


oncfs

Après une période de grand froid, le redoux s'est installé peu à peu depuis le 12-13- janvier. Comme prévu par le protocole « Vague de froid », les comptages de bécasses des bois et d'anatidés se sont poursuivis.


Bécasse des bois

Un recensement a été effectué ce jeudi 14 janvier sur les sites de référence dans les départements littoraux Manche-Atlantique et méditerranéen, ainsi qu'à l'intérieur du pays.

Dans les départements côtiers du Nord - Pas de Calais – Picardie et en Haute et Basse-Normandie, de fortes concentrations sont toujours observées sur la frange littorale. Le redoux permet aux oiseaux d'utiliser à nouveau les remises nocturnes pour s'alimenter.
En Bretagne et Pays de la Loire, ainsi qu'en Charente-Maritime et en Aquitaine, les densités s'avèrent très élevées sur les sites de référence. Ces observations confirment que des arrivées massives ont eu lieu pendant la période de froid. Elles mettent aussi en évidence la qualité de refuge des boisements littoraux. A de rares exceptions près, l'état des oiseaux est satisfaisant.
Les régions méditerranéennes ont vu aussi les densités de bécasses augmenter de façon très significative en raison de leur rôle comme zone de refuge.
Dans l'Est et le Centre de la France, peu de bécasses sont observées malgré le redoux amorcé. Si quelques oiseaux n'ont pas quitté leur site, une majorité a déserté ces régions en raison du gel prolongé et de la persistance du manteau neigeux. Ce sont ces oiseaux que l'on retrouve en zone littorale.

Un recensement est programmé pour le lundi 18 janvier sur tous les sites de référence. Il permettra notamment de suivre la re-dispersion des oiseaux.


Anatidés

Les comptages se poursuivent sur les 60 sites nationaux de référence, le dernier comptage vague de froid correspondant au comptage habituel de la mi-janvier dans la plupart des cas. Les résultats des comptages effectués entre le 13 et le 15 janvier au matin, et reçus à ce jour, permettent de dresser un état partiel de la situation.

Les conditions d'accueil des anatidés sur les sites suivis ont peu évolué depuis le 11 janvier, à l'exception du Languedoc-Roussillon, du Sud-Ouest, de la Bretagne et des Pays de la Loire où des zones d'eau libre sont réapparues suite au redoux. De ce fait, aucune évolution sensible est notée dans la distribution des effectifs d'anatidés, mis à part un début de re-dispersion des oiseaux stationnés sur les eaux courantes vers des zones à nouveau disponibles. La majorité des oiseaux peut s'alimenter au moins partiellement en attendant que les sites d'hivernage habituels redeviennent complètement efficients pour l'alimentation.
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Un prochain comptage est prévu entre le dimanche 17 janvier et le mardi matin 19 janvier, au plus tard, afin de pouvoir suivre la phase de re-dispersion des oiseaux et l'évolution des conditions d'accueil des anatidés.


Évolution possible de la situation - Recommandations

Alors que le redoux favorise à nouveau la prise d'alimentation, la situation des bécasses reste très délicate pour tous les départements du Nord de la France. Ces oiseaux sont dans une phase de reconstitution de leurs réserves énergétiques. Tout dérangement entraîne une perte inutile d'énergie et contrarie un retour rapide à la normale sur le plan physiologique. Selon l'état des oiseaux, un délai de 5 à 8 jours (à partir du redoux) est nécessaire pour que la re-dispersion s'opère dans les meilleures conditions.
Pour les anatidés, la période de re-dispersion n'est pas terminée et le retour des oiseaux sur leurs sites d'hivernage habituels doit pouvoir également s'opérer dans les meilleures conditions possibles.

Dans les régions où les bécasses ont le plus souffert du froid (Nord-Pas-de-Calais – Picardie, Haute et Basse-Normandie) et dans celles où elles ont trouvé refuge (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Midi-Pyrénées, mais aussi Languedoc-Roussillon et Provence-Côte d'Azur), le maintien de la suspension de la chasse aidera sans aucun doute au retour rapide à la normale en termes de conditions physiologiques et de répartition spatiale. Cette recommandation vaut également pour les espèces ayant une sensibilité au froid comparable (bécassines, vanneaux, grives, merles, alouettes).

Yves FERRAND, François GOSSMANN & Carol FOUQUE, le 15/01/2010
ONCFS-DER/CNERA Avifaune migratrice
Cellule nationale « Vague de froid »