CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Mordorée - Octobre 2016


La Bourboule accueillait, cette année, le 65ème congrès de notre club. Comme d'habitude, les délégations venues de toute la France se sont retrouvées pour évoquer les travaux du CNB et parler de l'avenir de la bécasse des bois.

Le samedi matin est consacré, traditionnellement, à la présentation du bilan de la saison écoulée. Cette année, nous avions souhaité qu'un large temps soit dégagé afin que les participants puissent débattre.

Deux grands thèmes émergèrent des discussions : l'application du PMA et l'utilisation du beeper. Si le premier sujet était d'actualité et revêtait une importance considérable pour l'avenir de la chasse à la bécasse, je fus un peu déçu par le deuxième.

En effet, à l'heure où nous employons toute notre énergie pour connaître l'état des populations migratrices et hivernantes de la bécasse des bois, pour sauvegarder notre temps de chasse, pour convaincre nos partenaires institutionnels du bienfait de l'application stricte du PMA, le débat sur l'utilité ou non de l'usage du beeper me paraît tout à fait inutile et nous apportera peu d'arguments dans notre combat.

Dans la littérature cynégétique, selon les époques, on retrouve les mêmes interrogations, les mêmes discussions, au fur et à mesure que l'homme a mis son ingéniosité au service de sa passion. Le chien doit-il être équipé d'une cloche favorisant sa recherche ? Doit-on utiliser une arme à canons courts, rayés, lisses ? La grenaille de plomb doit-elle être à effet dispersant ? ... J'en oublie certainement !

Il serait si facile d'interdire au nom d'une communauté bien pensante !

Serions-nous sur la voie qui nous permettrait avec certitude, grâce à tous ces interdits, de maintenir les populations bécassières en bon état de conservation, permettez-moi d'en douter.

Le Club National des Bécassiers, depuis sa création, prône une éthique sans failles. Il est vrai que sa promotion requiert beaucoup plus d'énergie et d'explications que la simple interdiction. Mais n'est ce pas la voie de la sagesse ? L'éducation des jeunes chasseurs nous permettra d'inscrire notre passion dans la durée, j'en suis certain.

Le bécassier, quand il lève son fusil est le seul responsable de son acte. C'est lui qui décide ou non de donner la mort à l'oiseau.

Devant une bécasse qui, de par son comportement, vient de lui donner d'intenses émotions, il peut, même s'il utilise un chien équipé d'un beeper, une arme à canons rayés, des munitions dispersantes, gracier l'oiseau et ne pas lever son fusil. C'est son libre choix. Personne, sinon lui, ne le lui imposera.

Bien sûr, je pousse un peu loin la caricature, mais c'est volontaire. Tout n'est pas parfaitement blanc, tout n'est pas parfaitement noir, les couleurs se mélangent pour donner des gris plus ou moins foncés, plus ou moins clairs.

Des individus continuent à considérer que le but ultime c'est de s'emparer d'un maximum de prises quelle qu'en soit la manière, quels qu'en soient les moyens utilisés. Leur finalité est d'arriver aux 30 oiseaux coûte que coûte. Alors oui, ceux-là sont sans doute critiquables et ne méritent pas leur titre de bécassier. Malheureusement, les interdictions ne les feront pas changer d'état d'esprit.

Quand nous parcourons les bois, qu'est-ce qui nous fait vibrer sinon le travail de nos chiens. C'est bien cela qui nous passionne dans cette quête de l'oiseau mythique qui, de par son comportement quelquefois déroutant, ajoute une incertitude qui vient pimenter un peu plus l'acte de chasse.

En dehors de toute considération technique, l'éthique avec un grand E devrait occuper tout notre esprit, la Belle des Bois ne le mérite t-elle pas ?.

Bruno MEUNIER