CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Mordorée - Octobre 2015

L’automne est là. La nature change et se drape dans ses habits de lumière. Les ors, les carmins, les blonds, les bruns ont succédé aux verts de l’été. Les plus chanceux d’entre nous auront sans doute vu les premières mordorées. Notre cœur bat la chamade dans l’espoir des premières rencontres de la saison. La mordorée, cette belle visiteuse ne se doute pas des attentions que nous déployons à son égard.

Ne mérite-t-elle pas une éthique sans faille dans l’accomplissement de l’acte de chasse qui nous lie à elle ?

Ne mérite-t-elle pas les mesures que nous avons obtenues et pour lesquelles nous nous sommes battus pour la préserver ?

Si, sans doute !

Mais, certains esprits chagrins ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre ce combat que mènent quelques « illuminés » pour cet oiselet affublé d’un grand bec. Ils voudraient remettre en cause les mesures conquises de haute lutte.

Ils se trompent, ils se trompent lourdement. Grâce au travail mené, grâce à notre action, c’est bien l’acte de chasse, dans sa globalité, que nous défendons, que nous sauvegarderons pour les générations futures.

La chasse est entrée dans le XXIème siècle. Elle évolue continuellement et demande à ses adeptes  une remise en question, une réflexion, une adaptation.

Peut-être avons-nous devancé le peloton dans ce travail, mais la victoire n’en sera que plus belle. Il faut aller de l’avant, rester à l’arrière peut entraîner une chute dont nous pourrions nous relever difficilement.

Nous sommes dans la bonne voie et je défendrai, nous défendrons avec toute la conviction qui est la nôtre cette idée d’une chasse moderne, d’une chasse vivante, d’une chasse durable.

L’obscurantisme n’est plus de mise, nous devons évoluer dans nos pensées, nous devons aller de l’avant.

Nos amis italiens viennent de se voir limiter le temps de chasse avec une fermeture au 31 décembre pour la bécasse. La raison invoquée : le manque de données.

Alors oui, le retour du carnet doit rester obligatoire. Alors oui, celui qui ne le rendra pas ne s’en verra pas distribuer un autre pour la saison suivante. C’est un incontournable du PMA absolument nécessaire si nous voulons récupérer des données fiables sur l’ensemble de l’Hexagone.  

La chasse, on peut le regretter mais c’est ainsi, doit maintenant se justifier. Elle tirera sa légitimité de la force qu’elle aura à prouver sa volonté à suivre l’évolution et à gérer les espèces au plus près.

Le CNB est sans doute avant-gardiste en la matière. Les études de suivi de la migration et de l’hivernage de la bécasse des bois, initiées déjà depuis de nombreuses années, le prouvent. Nous sommes sur la bonne voie, n’en déplaisent à certains.

Je vous souhaite une excellente saison dans le respect de cet oiseau qui nous fait vibrer la bécasse.

Bruno Meunier