CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

cloche-site-CNB2

La Mordorée - Avril 2018

La saison est maintenant achevée et le temps des bilans est arrivé. Dès le mois de novembre, certains délégués s’alertaient du pourcentage très faible des jeunes oiseaux dans les prélèvements, ce qui tendait à confirmer une mauvaise reproduction de la bécasse des bois en Russie Centrale constatée par l’ONCFS. Par ailleurs, dans d’autres régions, on ne notait pas de problème particulier.

L’oiseau déchaîne les passions et les réactions sont souvent excessives. Mais n’est-ce pas le propre de tout passionné ! Il fallait trouver un juste milieu entre ceux qui préconisaient une diminution drastique du PMA national à 20 voire 15 oiseaux, ceux qui carrément demandaient la fermeture de la chasse ou bien ceux qui n’acceptaient aucune restriction, jugeant la situation dans leur département tout à fait satisfaisante.

Le bilan au 20 décembre, date fictive de fin de migration, laissait apparaître un déficit de jeunes. Par mesure de précaution, je proposais donc une diminution sensible des prélèvements pour la fin de saison en demandant d’agir sur les déclinaisons journalières et hebdomadaires qui avaient été librement consenties et appliquées à l’initiative des présidents de fédération.

On agissait ainsi au niveau départemental, ce qui ne remettait en cause ni la date de fermeture au 20 février, ni le PMA annuel de 30 oiseaux comme certains le craignaient.

Le monde de la chasse est frileux et ne voit pas d’un bon œil toute idée de « diminution » de l’acte de chasser même si les évènements peuvent le justifier. Une fois des restrictions temporaires prises, on craint que le retour en arrière soit impossible. Autant je le conçois si la demande est faite au niveau national, autant je pense que ces peurs sont totalement infondées si on s’en tient à un niveau plus restrictif.

Le principe même de la mesure de précaution est remis en cause. Il faut attendre d’être face à la difficulté pour accepter enfin d’ouvrir les yeux. La bécasse des bois, grâce au suivi mené, a des effectifs stables et se trouve en bon état de conservation. On sait également que des évènements : mauvaise reproduction, gel prolongé en hivernage, … peuvent, très vite, fragiliser ce bon état et mettre sa population en danger. Ne vaut-il pas mieux anticiper sur les évènements que de les subir ! Je penche résolument pour la première solution.

Espérons que notre bécasse n’aura pas à subir un nouveau coup du sort !

Nous aurons l’occasion d’échanger sur le sujet lors de notre congrès à Moissac les 2 et 3 juin prochains.

Si l’Assemblée Générale constitue toujours un temps fort dans la vie d’une association, je rappelle à tous qu’elle le sera particulièrement cette année puisque nous aurons à renouveler une partie des administrateurs qui, à l’issue du scrutin, intégreront le Conseil d’Administration. N’oubliez pas de vous exprimer, vous montrerez ainsi tout l’intérêt que vous portez à la vie de votre club.

Bruno MEUNIER