CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Mordorée - Janvier 2018

  En cette nouvelle année, permettez-moi de vous adresser à tous, à vos familles, tous mes meilleurs vœux. Puisse 2018 voir se réaliser tous vos projets, vous apporter bonheur et santé.

La saison est maintenant bien avancée. Atypique, particulière, unique seront sans doute les adjectifs qui seront les plus utilisés pour la qualifier. Les disparités entre régions n’auront sans doute jamais été aussi importantes. Le grand quart sud-est n’a pas vu les contingents bécassiers habituels gagner cette partie de l’Hexagone. La sécheresse persistante des sols explique le peu d’attrait de notre mordorée pour ces contrées, cette année.

Le réchauffement climatique en est peut-être la cause. Mais il faut être prudent dans nos analyses car, pour le moment, aucune étude scientifique ne vient corroborer nos ressentis. Il serait sans doute intéressant de réfléchir sur un protocole d’étude qui permettrait d’affirmer ou d’infirmer l’impact réel de ce réchauffement sur le comportement de la bécasse des bois et les changements induits par ce phénomène.

Toujours dans cette région, une baisse significative de l’âge ratio a interpelé nombre d’entre vous. Dès la mi novembre, des inquiétudes apparaissaient.

Nous savons tous que la bécasse des bois est un oiseau du Paléarctique Occidental et, de ce fait, elle devrait être gérée de ses lieux de reproduction à ses lieux de migration et d’hivernage. On peut rêver et penser que, demain, les associations bécassières réunies au sein de la FANBPO, seront les garants de cette bonne gestion. Aujourd’hui, il faut se contenter du seul niveau national.

Quelque soit l’indice auquel on se réfère, les chiffres qui y sont associés doivent être étudiés à une grande échelle.

Grâce à vos données, et je tenais ici à remercier tous ceux qui, au fil de la saison, prennent le temps de rentrer leurs observations, leurs pesées, leurs sexages, leurs ailes, etc, notre club peut s’appuyer sur plus de vingt ans de suivi de notre oiseau.

Nous sommes à même, maintenant, avec le recul lié à nos études, de pouvoir comparer les saisons les unes avec les autres. Des âges ratio faibles, nous en avons déjà connus. Ils ont été suivis, les années suivantes par des retours à la normalité.

Doit-on s’inquiéter et prendre, dans la précipitation, des mesures à la hauteur d’un département ou d’une région, je ne le pense pas. La réaction, si réaction il doit y avoir, doit être prise au niveau national et doit s’appuyer sur des chiffres incontestables.

A la lecture du bilan à mi saison, nous enregistrons un âge ratio national en baisse par rapport aux pourcentages enregistrés les années précédentes. Le déficit de jeunes par rapport aux adultes est réel, mais n’est pas alarmant. La faiblesse de cet indice dans certaines régions est compensée par d’autres plus élevés, ailleurs.

Mais, par mesure de précaution, nous proposons de restreindre les prélèvements pour la fin de saison en abaissant les déclinaisons journalières et hebdomadaires quand elles existent. Pour les départements qui ne les ont pas mis en place, il est nécessaire de les instituer.

Un courrier a été envoyé à chaque délégué dans ce sens. Maintenant, nous ne pouvons que faire la demande, la décision finale ne nous appartient pas.

Je souhaite que, vous tous, soyez conscients que l’effort demandé pour les mois de janvier et février doit être partagé.

Je vous réitère mes meilleurs vœux pour 2018, avec beaucoup d’émotions derrière vos chiens à la recherche de la Belle.

Bruno MEUNIER