CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Mordorée - Octobre 2017

Ça y est, ce que nous redoutions est tombé. Notre agrément au titre de protection de l’environnement nous a été refusé.

Dans la réponse qui nous a été adressée, signée de la main même du ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Nicolas Hulot, les arguments apportés amènent à quelques commentaires de ma part.

Le premier reproche qui est apporté est celui de ne pas répondre à l’article L141-1 qui pose le principe d’œuvrer principalement pour l’environnement.

Cet article est rédigé ainsi : « Lorsqu’elles exercent leurs activités depuis au moins trois ans, les associations régulièrement déclarées et exerçant leurs activités statutaires dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage, de l’amélioration du cadre de vie, de la protection de l’eau, de l’air, des sols, […] et, d’une manière générale, œuvrant principalement pour la protection de l’environnement peuvent faire l’objet d’un agrément motivé de l’environnement. »

Si le ministère reconnaît nos actions en faveur de la faune sauvage, il réfute l’idée que ce soit une de nos activités principales.

En effet nos statuts précisent deux objectifs principaux :

  1. Le regroupement de tous les chasseurs pratiquant la chasse à la bécasse à la relève au chien bécassier, la défense de leurs intérêts et l’amélioration des conditions de cette chasse.

  2. La protection de la bécasse et l’étude de sa vie, ses mœurs, sa migration.

L’interprétation du ministère pourrait être entendue puisqu’en effet, la gestion de la faune sauvage ne constitue pas forcément, à la lecture de nos statuts, notre activité principale.

Mais, à la lecture du code de l’environnement, la Fédération Nationale des Chasseurs, les Fédérations Régionales et Départementales sont habilitées, elles, à recevoir l’agrément.

Deux poids, deux mesures inacceptables pour nous.

Si on relit les statuts des FDC, l’article 1er débute ainsi : « La fédération départementale des chasseurs a pour objet de représenter les intérêts des chasseurs dans le département y compris devant les différentes juridictions, d’aider tous ses adhérents et de coordonner leurs efforts en vue d’améliorer la chasse dans l’intérêt général ». La mise en valeur du patrimoine cynégétique et la protection de la faune sauvage et de ses habitats n’arrivent qu’en second.

D’un côté, on ne reconnaît pas comme étant notre activité principale,la gestion de la faune sauvage, alors que de l’autre on l’admet tout à fait.

Il n’est pas, dans mes propos, l’idée de remettre en question l’agrément au titre de protection de l’environnement des structures fédérales, mais de démontrer que notre activité se rapproche de celle des fédérations et qu’à ce titre, nous devrions pouvoir bénéficier du même agrément.

Deux autres conclusions, servant d’arguments à la non délivrance de l’agrément, prêtent à étonnement.

« Les activités des membres du club sont principalement consacrées à la chasse. »

On occulte, on peut supposer volontairement, une partie des objectifs poursuivis par notre club, à savoir :

- d'étudier la vie, les mœurs, la migration, de la bécasse Scolopax rusticola L.,

-  d'agir auprès des pouvoirs publics en tout ce qui concerne les méthodes et mesures tendant à améliorer la protection de ce gibier,

- de contribuer à la préservation de l’environnement et de la faune sauvage. 

Seule l’activité chasse est retenue au détriment de la protection de l’oiseau. Là encore le parti pris est évident.

« Les activités d’étude et de gestion des bécasses sont réalisées dans le but de maintenir une population suffisante pour assurer le maintien de la chasse à la bécasse. »

C’est bien mal connaître notre activité, c’est bien mal connaître nos motivations, que d’arriver à une telle conclusion.

-Nous sommes les premiers à alerter les pouvoirs publics quand une vague de froid sévit afin de limiter ou d’interdire la chasse afin de protéger la bécasse. J’ajouterai que, quelquefois, le représentant de l’état dans le département, ne nous suit pas et maintient l’acte de chasse sans se soucier du devenir des populations migratrices.

-Nous investissons dans un programme « balises », au côté de l’ONCFS, afin de suivre et d’essayer d’en connaître un peu plus sur la migration des bécasses. Ce programme est-il lié à une quelconque volonté d’accroître une population bécassière pour pouvoir en tuer plus ?

-La méthode que nous avons mise au point pour identifier les jeunes bécasses des adultes, participe-t-elle à une quelconque volonté de maintenir une population bécassière importante ?

-Le calcul de l’ICA annuel nous permet-il de prélever plus d’oiseaux la saison suivante ?

-L’instauration d’un PMA assorti d’un carnet de prélèvement national, obtenu grâce à l’opiniâtreté de mes prédécesseurs, est-il de nature à accroître le prélèvement de bécasses ?

Non M. le Ministre, vous vous trompez quant à l’idée que vous vous faites de notre activité et des interprétations que vous en tirez.

Notre objectif n’a qu’un but : gérer la population bécassière pour la maintenir dans un bon état de conservation et non permettre d’en tuer toujours davantage. Soyez assuré, M. le Ministre que si, grâce à toutes les études que nous menons, nous nous apercevions, un jour, que cette population était menacée, nous vous proposerions, immédiatement, des mesures limitant sa chasse.

Nous n’en resterons pas là. Je vais demander une audience au Ministre afin de lui présenter les activités du club, afin qu’il se fasse une opinion sur le bien fondé de nos travaux, et qu’il juge, en totale indépendance, sans parti pris, la justesse de notre demande.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de ces démarches.

En dehors de toutes ces péripéties et à l’aube de cette nouvelle saison, je souhaite à tous beaucoup de plaisir à la recherche de la Belle des bois, dans une éthique sans faille, avec un profond respect de l’oiseau chassé.

Le Président Bruno MEUNIER