CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Mordorée - Avril 2017

La saison vient de s’achever. Comme les autres, elle n’échappera pas aux qualificatifs.

Elle comptera son lot d’insatisfaits qui espèreront vite l’oublier, de satisfaits qui souhaiteront que la prochaine soit à l’identique, de très chanceux qui rêveront encore de ces tombées de bécasses inoubliables…


Elle aura pourtant été marquée par un coup de froid. Pas de ceux qui alimentent la mémoire collective et qui restent gravés dans nos têtes, non, mais qui pose question quand on s’intéresse à la question bécasse.

En effet, touchant inégalement le territoire français, il est toujours très difficile de faire admettre la nécessité de prendre des mesures pour protéger les populations de bécasses hivernantes chez nous.

Autant il est relativement aisé de faire appliquer ces mesures de protection aux instances décisionnaires dans les départements où le froid sévit durablement, autant la manœuvre est délicate dans les endroits peu ou pas touchés.

Le simple critère météorologique par le gel doit être dépassé et d’autres doivent être considérés pour une éventuelle demande de fermeture ou de réduction du PMA.
 

Le suivi OGP, mis en place dans certains départements, peut servir d’appui. C’est pourquoi j’engage tous les délégués qui n’ont pas encore franchi le pas à le faire. Mais il serait utopique de penser que, demain, cet observatoire couvrira l’ensemble de la France. Il est donc impératif de le compléter par la mise en place de bécassiers « observateurs » susceptibles de faire remonter, du terrain, des indications aidant à la mise en alerte. La récolte de données sur des critères précis : concentrations, comportements anormaux, poids, baguage, ... permettra d’étayer la décision et servira d’argumentaire au délégué pour une proposition de mesures restrictives dans la pratique de la chasse à la bécasse.
 

Des esprits chagrins ont vilipendé, cette dernière saison, les demandes de fermeture. Il est dommage, que dans nos rangs, certains n’aient pas compris la nécessité de telles décisions. Une large majorité, heureusement, les a approuvées.
 

Je le rappelle, nous ne sommes que source de propositions et en aucun cas, nous sommes les décisionnaires. Les Directions Départementales des Territoires (et de la Mer) ont tout pouvoir en la matière et sont les instances qui, par arrêté préfectoral, décident des restrictions à mettre en place temporairement ou durablement.

Généralement la prise de décision est motivée après avis de la Fédération Départementale de Chasseurs, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, voire quelquefois les associations spécialisées existantes dans le département.
 

Il est impératif que nous puissions donner notre avis et il est important que nous jouions notre rôle de mise en alerte. Nous devons le faire au niveau des FDC. Elles sont nos interlocutrices privilégiées et doivent le rester. Vouloir passer outre ne servirait à rien sinon à détériorer les bonnes relations que nous devons entretenir avec le maillon cynégétique départemental.
 

Certains présidents de fédération font la sourde oreille et sont réticents à des mesures restrictives, pénalisant leurs chasseurs. Je leur répondrai que leurs craintes sont infondées concernant la bécasse.
 

Notre club a démontré son sérieux par les travaux qu’il mène. Notre réseau national est à même de rentrer en vigilance quand les circonstances le demande et de faire remonter les observations de terrain. Les délégués sont des personnes responsables et quand ils proposent de prendre des mesures, elles sont parfaitement justifiées et mériteraient d’être prises en compte et écoutées.
 

Je donne rendez-vous à tous, les 27 et 28 mai prochain à Doué-La-Fontaine, lieu de notre congrès. Je suis certains que les discussions iront bon train, chacun aura sans doute à cœur de commenter et d’analyser les conséquences de cet incident climatique !

Bruno MEUNIER