CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
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La Piroplasmose canine

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Par le Dr  Yves BOUTOT


 

Ennemi (parfois mortel) de notre chien pendant la saison chaude : la tîque.



La babésiose (ou piroplasmose) est une maladie infectieuse et inoculable due à la multiplication dans les globules rouges d'un protozoaire « Balbesia Canis » obligatoirement transmise en Europe par l'intermédiaire de deux variétés de tiques femelles :
Dermacentor reticulatus et Rhipicephalus sanguineus.

 

Dermacentor reticulatus, femelle gorgée
Dermacentor reticilatus, femelle gorgée
(F. Beugnet)
      

Dermacentor reticulatus, femelle non gorgée


 

  

 



 

                                                   Dermacentor reticulatus, femelle non gorgée (F. Beugnet)
 





Rhipicephalus sanguineus, femelle non gorgée
Rhipicephalus
sanguineus, femelle non gorgée  (F. Beugnet)
Rhipicephalus sanguineus gorgée











 

Rhipicephalus sanguineus, femelle gorgée 
(F. Beugnet)






La piroplasmose se présente sous diverses formes cliniques dont la plus caractéristique associe fièvre, anémie et hémolyse.
Le mode de contamination et la pathologie sont à rapprocher du Paludisme chez l'homme, dont le responsable est aussi un protozoaire (Plasmodium Falciparum) transmis par un moustique (Anophèle).

 

La tique est généralement fixée sur une zone à peau fine (oreille, scrotum, périnée, mamelle, paupière), ou sur une zone exempte de mordillements (cou).
Elle reste fixée jusqu'à la fin de son repas sanguin qui peut durer deux à quinze jours. Il s'en suit souvent une réaction locale (papule, oedème, douleur, voire abcédation).

 

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Outre l'inoculation du protozoaire responsable de la piroplasmose (ou babésiose), la tique peut aussi être responsable d'autres maladies telles que l'ehrlichiose, l'hepatozoonose, ou encore l'hemobartonellose et la borréliose de lyme (bactéries spirochètes).

 

En collectivité canine, Rhipicephalus sanguineus est la plus préoccupente pour la santé des chiens.
La babésiose est une maladie à caractère saisonnier (printemps et automne), mais peut se manifester, de plus en plus, en hiver ou en été.

 

L'incubation est d'environ une semaine en moyenne.
Contrairement à la biologie d'autres variétés de tiques, le Rhipicephalus sanguineus a un cycle monotrope puique les trois étapes de son développement – stades larvaires, nymphaux et adultes – se font de préférence sur le chien.

 


Manifestations Cliniques
Les manifestations cliniques de la piroplasmose sont très variables dans leur expression, leur durée et leur gravité.

 


-1-
La forme aiguë, la plus classique, se définit par :

 
  • des symptômes généraux caractérisés par le fait que le chien est abattu, prostré, indifférent à toute sollicitation, anorexique.
 
  • un symptôme pyrétique, avec hyperthermie brutale (supérieure à 40° c), fréquences cardiaque et respiratoire élevées.
 
  • un syndrome hémolytique caractérisé par une anémie (muqueuses pâles, parfois subictériques) et des modifications sanguines plus ou moins accentuées au niveau de la numérotation globulaire et des plaquettes.
    Les valeurs de l'urée, de la créatinine et des transaminases sont souvent augmentées, témoignant d'une insuffisance rénale et hépatique. 
    On note la présence de bilirubine dans les urines, leur donnant une coloration allant de l'orange au café.
 


-2-
La forme chronique, la plus sournoise, qui peut être finalement plus pathogène du fait qu'elle est moins perceptible pour le propriétaire. Elle peut se manifester après une forme aigüe diagnostiquée et traitée, environ quinze jours plus tard, entraînant chez l'animal une anémie plus ou moins chronique.

 


-3-
Des formes atypiques très variées, soit locomotrices (lombalgie, arthralgies, parésies, ataxie), soit cérébrales (convulsions, modifications comportementales), ou encore des atteintes rénales, respiratoires ou vasculaires (hémorragies diffuses, stomatites).
L'évolution de la maladie est en général favorable, sauf en cas d'état de choc ou d'insuffisance rénale aigüe. Dans la plupart des cas, la convalescence dure une quinzaine de jours, sauf rechute toujours éventuelle.

 


Le diagnostic

 

Le diagnostic commence déjà par un examen visuel de l'animal, soit en détectant la tique lors de son repas, soit par la présence d'une inflammation localisée signant le passage de la tique, le tout étant accompagné des symptômes généraux énumérés plus haut.
Il faut donc confirmer cette suspicion par un frottis sanguin suivi d'une coloration permettant de mettre en évidence la présence du parasite dans le sang du chien.

 


Le traitement

 

Le traitement spécifique est fondé sur l'utilisation, par voie parentérale, de l'Imidocarbe. Cette injection est souvent douloureuse et peut entraîner, dans les quelques minutes suivantes, des vomissements et parfois des coliques d'ordre passager.
Pour plus de sûreté d'efficacité, le traitement est répété parfois deux jours après.
On y adjoint un traitement symptomatique pour combattre l'anémie et soutenir le foie et les reins.

 


La Prophylaxie

 

La prophylaxie consiste à éliminer les tiques d'une part, et surtout, à protéger le chien d'autre part.
La chimioprophylaxie est possible et repose sur l'utilisation de l'imidocarbe, conférant à l'animal une protection d'environ trois semaines.
La vaccination, reposant sur l'administration d'antigènes solubles issus d'une culture de Babesia Canis additionnés de saponine comme adjuvant de l'immunité. L'efficacité de ce ''vaccin'' est faible, contrairemet au coût de celui-ci.

 

La protection la plus efficace reste encore l'utilisation de certains produits à mettre en contact avec le chien. Plusieurs familles chimiques sont actuellement sur le marché :

 
  • les organophosphorés (dimpylate, dichlorvos), peu rémanents et non dénués de toxicité.
 
  • les organochlorés (lindane, aujourd'hui retiré de la vente), à faible rémanence et déconseillés sur les chiots et les femelles gravides.
 
  • les carbamates, mêmes retrictions que les précédents.
 
  • l'amitraz, sous forme de colliers, très actif mais de rémanence variable.
 
 
  • le fipronil, parfois associé aux précédents, est très bien toléré, même sur les jeunes chiots, avec une rémanence d'un mois.
 

Avant d'utiliser ''les pipettes'' contenant ces derniers produits, il faut s'abstenir de faire un shampoing deux jours avant ou après. Ce dernier éliminant les cellules grasses de l'epiderme qui assurent la diffusion du produit sur tout le corps.
Conernant le traitement environnemental, l'application d'insecticides (coumaphos ou dimpylate) sera réservée aux locaux vides de tout animal, sans oublier que ce dernier pourra lécher éventuellement les zones traitées.

 
Dr Yves BOUTOT