CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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L'arrêt - Généralités

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Par le Dr Jean-Paul Boidot
(Président d'honneur du C.N.B)


Il faut savoir que tout être vivant circulant sur terre, laisse après son passage, des effluves plus ou moins forts et qui lui sont personnels.
Tous les animaux qui sont "remis" dégagent une odeur qui s'élève dans l'atmosphère et dont l'intensité est, en général, en proportion de leur volume et de leur espèce.
Cette odeur correspond à l'émission de molécules de taille moyenne.

L’animal qui se déplace distribue ou dégage une odeur, colonne odorante, qui imprègne l’atmosphère et qui s’évapore petit à petit. Pour repérer cette odeur, les chiens chassent la tête haute.
L’animal qui se déplace entre en contact avec divers obstacles naturels : branches, troncs, herbe, rochers, qu’il imprègne de son odeur. Cette voie, dite de contact, oblige les chiens à chasser le nez à terre.
Le scent correspond à l’odeur émise par des perdreaux bien localisés, remisés, ou d’un lièvre gîté. La voie d’air dégagée est permanente tant que l’oiseau n’est pas mis à l’essor. Après la fuite, le chien contrôle.

On a vu, lors du mécanisme olfactif, qu’un animal statique ou mobile laisse des odeurs ou effluves plus ou moins forts et plus ou moins denses, qui lui sont spécifiques.
Cette odeur est constituée de molécules odorantes, volatiles à la température ambiante.
Ces molécules ont une structure fluctuante, en fonction du moment de la journée, de la période de l’année, en relation avec des stades physiologiques saisonniers différents chez l’animal qui les émet.
Il existe une catégorie de molécules odorantes, volatiles, sécrétées par un individu d’une espèce dans le but de communiquer avec les autres individus de la même espèce: ce sont les phérormones.

Les chiens (Canis lupus familiaris) font état de leur présence en émettant des phérormones dans leurs urines. Ces phérormones ont plusieurs autres rôles : elles servent de substances d’alarme (petites molécules à faible teneur en carbone, C = 5) ou sont utilisées pour l’attraction sexuelle (grosses molécules à teneur en carbone élevée, C = 20).

 

On sait que la surface du corps de nombreux animaux, y compris l’Homme, est équipée de glandes spécialisées qui sécrètent des odeurs.
L’odeur est efficace, qu’elle soit déposée sous forme de marque ou libérée dans l’air pour constituer les voies de contact et aérienne et l’émanation directe ou "scent".

Pour le chien d’arrêt, la voie de contact et l’émanation directe sont les plus utilisées pour repérer et trouver le gibier ; la voie aérienne ou émanation aérienne, surtout en ce qui concerne la faune aviaire, est brève et rapidement perdue à l’envol.
Pour le chien courant, la voie de contact déposée par des mammifères terrestres et la voie aérienne bien que cette dernière soit plus fugace sont celles qui sont utilisées régulièrement dans la recherche du gibier.

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(1) Emanation ou voie aérienne.
(2) Emanation directe.
(3) Emanation ou voie de contact (traces directes après le départ des oiseaux, constituent la place chaude).

 

On a vu qu’en fonction des conditions du milieu : vent, humidité, température, obstacles divers et végétaux, l’éparpillement des molécules odorantes serait variable ; il en sera de même s’il y a concentration d’animaux : une compagnie de perdrix, dans des conditions de vie normale, dégagera plus de particules odorantes qu’un seul oiseau isolé ; il y a dans ce cas addition de plusieurs surfaces corporelles.

 

La simple peur peut entraîner un blocage momentané de l’émission de molécules odorantes ; c’est le phénomène dit de “rétention d’odeur”. On constate que, chez l’oiseau blessé, c’est-à-dire qui a subi une atteinte physiologique, cette sécrétion de molécules odorantes peut être modifiée dans le sens d’une diminution partielle, intermittente, voire totale.
Le contrôle de la voie et puis la prise de l’émanation directe, se concrétisent par l’arrêt du chien.
Actuellement, l’arrêt n’est pas expliqué de façon scientifique, mais par des observations de terrain, et certaines hypothèses restant à confirmer.