CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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La Bécasse et le froid

Les vagues de froid marquent les esprits. La vision d’oiseaux affaiblis ou mourants par un public de plus en plus sensible à la conservation de la nature oblige le législateur à prendre des mesures réglementaires. Ainsi, en France, la chasse peut-elle être suspendue en cas de gel prolongé. Cette suspension peut concerner tout ou partie d’un département pendant une période de 10 jours maximum renouvelable. C’est le préfet qui le décide et prend un arrêté préfectoral.

Le problème qui se pose aux autorités administratives est donc cette prise de décision. A l’initiative de l’ONCFS, un système d’aide à la décision, appelé « Protocole Vague de froid », a été mis en place. Ce protocole a été instauré afin de fournir en temps réel un état de vulnérabilité des oiseaux.

 

Quand y-a-t-il vague de froid ?

Le premier obstacle est la définition même d’une vague de froid. Sur quels critères peut-on considérer que les conditions climatiques ne sont pas simplement « de saison » mais qu’une vague de froid est en cours. Cinq critères ont été retenus :

les températures doivent chuter brutalement (environ 10°C en 24 heures),
les températures moyennes doivent être en dessous des normales saisonnières,
les températures minimales doivent être très froides,
les températures maximales doivent être négatives ou faiblement positives (le dégel étant impossible),
la durée de l’épisode climatique en cours est estimée à 6-7 jours.
 
 

Cette première étape du processus nécessite une veille météorologique. Cette veille est assurée par la Direction des études et recherches (DER) de l’ONCFS de fin novembre à fin février.

 

 

Que se passe-t-il en cas de vague de froid ?
 

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Dès que la vague de froid est clairement identifiée, l’alerte est déclenchée par une cellule constituée d’agents de la DER et des délégations régionales de l’ONCFS.

Des informations sont recueillies pour les anatidés, qui valent pour l’ensemble du gibier d’eau, et pour la bécasse, qui valent pour l’ensemble des migrateurs terrestres (turdidés, colombidés,….). Un bulletin d’information est diffusé tous les 3 jours auprès des administrations compétentes, en particulier les préfectures qui prendront les décisions réglementaires, du ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, de la Fédération nationale et des Fédérations départementales des chasseurs, des services départementaux de l’ONCFS (chargés de la police de la chasse). Ce processus perdure pendant toute la durée de la vague de froid.

Le retour du dégel marque généralement la fin d’une vague de froid. Mais l’annonce « officielle » de cette fin est aussi délicate à définir que le début de la vague de froid.

A notre sens, le retour des températures clémentes n’annonce pas la fin du phénomène. Les concentrations d’oiseaux demeurent quelque temps encore. Une ouverture de la chasse trop rapide aboutirait à des prélèvements excessifs de la même manière qu’à l’arrivée de la vague de froid. En règle générale, il faut 6 à 7 jours pour que les oiseaux se répartissent à nouveau dans toute l’aire d’hivernage disponible. Ce délai supplémentaire de la suspension de la chasse est probablement le plus important et le plus difficile à gérer. Les chasseurs comprennent plus difficilement qu’on les prive d’une opportunité alors que d’un point de vue météorologique tout est rentré dans l’ordre.

La fin officielle d’une vague de froid est annoncée à la fin de cette période de répit pour les oiseaux.