CLUB  NATIONAL  DES  BÉCASSIERS
"Chasser le plus possible tout en tuant le moins possible " . Pierre Malbec.

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CNB Commission Biotopes, rapport d’activités 2008-2009

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Cette année aura été celle d'une analyse du contexte de gestion des biotopes et du devenir face aux décisions qui vont être prises dans leur gestion.

Elle aura été marquée enfin en ce début d'année 2009, par le phénomène KLAUS qui, en quelques heures, a balafré nos forêts du Sud Ouest. Notre oiseau saura s'adapter à ce nouveau milieu, mais nos bécassiers perdent, pour plusieurs années, des tènements connus.

En effet, dans le cadre de la mise en place imminente du plan de gestion de la bécasse des bois, l'heure est venue de préciser quelle pourra être la contribution du monde de la chasse et notamment du C.N.B. en matière de biotopes.
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Nous évoquions, l'an dernier, le statut des prairies permanentes qui devraient, à minima, rester stable compte tenu de la récente règle de la Politique Agricole Commune, qui impose de conserver l'ensemble des surfaces sur la base de l'inventaire réalisé en 2003.

Le devenir de ces prairies et leurs qualités en tant que milieu d'accueil pour la bécasse restent, bien sûr, liés à l'évolution de l'élevage qui en assure l'entretien. Il convient donc d'associer leurs destins.

Bien sûr, si l'on peut considérer que le statut de gestion des prairies permanentes et des prairies en général est assez homogène, il est indispensable d'inventorier et d'étudier le devenir d'autres milieux nocturnes tels que les pelouses rases de montagne, les parcelles de vignes, notamment celles enclavées dans les massifs mais aussi tous les milieux ouverts susceptibles d'assurer la nourriture nocturne de la bécasse.

En matière d'état de gestion des milieux boisés, celui-ci est, selon les régions, à la fois très variable (du plus intensif à l'absence d'exploitation) et parfois très peu connu.
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Dans le cadre de ce plan de gestion, il semble indispensable de constituer au minimum, par région administrative ou par département, un inventaire des différents types de biotopes fréquentés par la bécasse des bois, avec une approche sur les degrés de fréquentation.

Il semble en effet nécessaire que nous puissions, en tant qu'interlocuteur du plan de gestion, jouer notre rôle de sentinelle quant à l'évolution de ces milieux qui sont à la fois le théâtre de notre passion, mais surtout le lieu de vie et de survie de notre oiseau aux différentes étapes de sa migration.

Cet inventaire peut, bien sûr, s'appuyer sur des données d'inventaires existants (ONF, CRPF, inventaires départementaux des zones et milieux humides réalisés par les conseils généraux et les DIREN etc.), mais il sera grandement enrichi par la connaissance qu'ont les membres du CNB de ces terrains.

Dates des premières arrivées par massif, approche des densités d'oiseaux (par massif et non par territoire que chacun a le droit de garder en confidentialité), dates de l'utilisation de certaines remises comme refuge en cas de vague de froid : qui maîtrise mieux ces données que les bécassiers ?

L'exemple en a été donné par l'étude réalisée dans le Parc National du MORVAN, en collaboration entre les animateurs du Parc et notre délégué de Saône et Loire. Il n'est donc pas illusoire de penser au rôle primordial que nous devons jouer dans une qualification des biotopes pour la sauvegarde de ces milieux.

Rappelons ce rôle à nos fédérations, afin de prendre place dans les comités de gestion Natura 2000 pour y faire entendre, à la fois notre connaissance du terrain, mais aussi nos demandes sur les modalités de gestion qui doivent intégrer la sauvegarde des milieux bécassiers.

Faut-t il rappeler que la présence des associations dites écologistes se manifeste de plus en plus par des contrats de suivi des espaces naturels et non seulement des espèces.prairies13

Il sera nécessaire de ne pas penser exclusivement Bécasse, tant la gestion des milieux implique systématiquement plusieurs espèces, qu'elles soient chassables ou non. En participant à la sauvegarde de plusieurs espèces, notre rôle sera d'autant plus reconnu et apprécié par la société en général.

Au moment où se met en place une commission météo au sein du CNB, qui vise non seulement à suivre l'origine des mouvements d'oiseaux, mais aussi les raisons géographiques de leurs stationnements, il semble opportun que le déploiement de représentants soient associés à celui de sentinelles des biotopes.

Il s'agit d'agir tant par la mise en place d'inventaires départementaux et régionaux (ex : forêts domaniales avec peuplements, zones littorales, zone boisées de montagne, zones à garrigues ou à landes, marais boisés, ripysilves de bord de cours d'eau etc.) auquels la commission biotopes pourra apporter son appui méthodologique, que par la collecte des données de terrain sur l'évolution de l'état de fréquentation de ces massifs ou zones à milieux boisés homogènes.

Inventorier les milieux et y associer des données de fréquentation d'une espèce : qui peut le faire mieux que les bécassiers ?
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